La notion d’intimité dans les couples des sociétés modernes

L’intimité d’un couple est souvent réduite à la sexualité. La vérité est qu’elle  est composée de mille et une attentions qui contribuent à donner au couple l’oxygène dont il a besoin pour vivre et grandir. Cette intimité, elle est complexe, unique et varie d’un couple à l’autre, voire même au sein d’un même couple au fil du temps. Elle est d’autant plus complexe qu’elle dépend d’une multitude d’éléments, de ce que chacun donne de soi, de ce qu’il veut partager, de ce qu’il décide de construire avec son partenaire. Mais surtout, elle est fragile et exige un engagement total et permanent de chacun dans la relation sinon elle meurt peu à peu, et le couple avec.

L’intimité amoureuse, c’est comme le couple, ça se travaille, ça s’entretient. Il est utopique de penser que parce qu’on s’aime, nul besoin de la travailler. Au contraire.

Ce que nous ignorons de l’intimité du couple

L’intimité, du latin intimus, qui veut dire « le plus profond » est un fragment très complexe de l’amour mais sans aucun doute le plus fascinant. Ce fragment est unique et surtout irremplaçable. L’intimité se définit plus comme une forme de relation à l’autre qu’un sentiment. Lorsqu’une intimité se créé entre deux individus, cela signifie que les deux partenaires se sont ouverts leur jardin secret, l’un à l’autre, sans hypocrisie, sans peur et sans jugement.

Cette fameuse intimité ne peut se créer que si les partenaires ont réuni les 7 qualités requises pour que la magie opère.

  • Prêter attention aux sentiments de l’autre, les respecter.
  • Les accueillir, être ouvert envers son partenaire.
  • S’ouvrir entièrement à l’autre, être vulnérable. C’est une force contrairement aux idées reçues.
  • Faire confiance et être honnête.
  • Ajouter de la passion et du désir à toutes les attentions que l’on requiert dans une relation dite amicale.
  • Etre des amis proches avec la dimension érotique en plus.
  • S’engager, selon Robert Sternberg, pour créer l’amour véritable.

L’intimité est en quelque sorte un lien physique, intellectuel, émotionnel étroit et unique entre deux personnes. Ce lien évolue et grandit avec le temps mais il demande qu’on en prenne soin, qu’on y consacre du temps pour impacter positivement son quotidien.

Historiquement parlant, l’intimité amoureuse est une notion complètement nouvelle, selon la sociologue Chiara Piazzezi. Avec l’évolution de la société, l’intimité est devenue le sujet prioritaire du couple. Ce qui n’est pas étonnant dans une société où tout individu est à la recherche d’une meilleure connaissance de lui et de son bien-être.

Certains, hommes et femmes, s’accordent à dire que l’intimité contribue davantage à leur satisfaction dans leur vie commune. L’espérance pour les couples aujourd’hui est d’ailleurs une pleine satisfaction « ensemble ». Seulement deux problèmes se posent. D’abord l’intime est trop souvent réduit à l’intimité sensuelle et sexuelle, le ciment du couple. Et de l’autre, le couple est un « duo » qui, pour tenir dans le temps doit savamment mélanger liberté, confiance, distance et retrouvailles.

A la recherche d’un équilibre entre deux exigences : intimité conjugale et intimité personnelle

Si l’on remonte dans l’histoire de la vie privée, dès la fin du XIXème siècle, on parlait uniquement d’intimité « conjugale » pour les adultes, où la sexualité s’inscrivait dans une chambre commune. A partir du milieu du XX eme siècle, sous l’influence à la fois de la scolarisation des jeunes filles et femmes du mouvement féministe, les membres du couple ont commencé à revendiquer une certaine intimité personnelle, autrement dit le droit à une certaine indépendance du conjoint. On parle alors d’intimité personnelle. Pour Anthony Giddens, sociologue britannique, l’avènement de cette intimité personnelle correspond à un idéal-type de relation, la relation « pure ». Une relation sexuellement et émotionnellement égalitaire, au sein de laquelle compte avant tout l’autonomie individuelle, la qualité des échanges et l’intensité émotionnelle. La rupture s’inscrit dès le début comme une éventualité. La réussite de cette relation dépendra de la satisfaction et de l’épanouissement individuel de chaque membre.

Ce modèle de relation ne peut cependant convenir dans notre époque car il sous-estime les besoins des individus modernes, à savoir le besoin de sécurité ontologique (fidélité et engagement à long terme), le besoin de parentalité, et enfin le besoin de se satisfaire de la vie commune. Se dessine alors un nouveau modèle, celui du double respect, un équilibre entre la fusion et l’autonomie. Des études ont démontré que des trois modèles d’intimité, celui du double respect était compatible avec le processus d’individualisation grandissant. C’est d’ailleurs ce modèle d’intimité qui l’emporte largement dans les statistiques, où l’identité personnelle tend à se confondre avec celle du partenaire.

Selon le modèle retenu, des études montrent que l’amplitude de la protection de soi peut varier selon les thématiques (ouverture du courrier personnel, répondre à la place du conjoint à son téléphone, la gêne d’aller aux toilette en présence du conjoint, garder son nom de jeune fille…). Ces mêmes disparités apparaissent pour les pratiques communes ou séparées (acheter des vêtements sans son conjoint, aller voir ses parents ou partir en vacances sans son conjoint, sortir sans son conjoint…). De même, dans le rapport à l’engagement conjugal, le sens de la vie commune, et la question de l’enfant, les trois modèles d’intimité présentent des différences mais ne doivent pas exclure le problème commun qu’ils ont à résoudre.

Les études menées auprès des couples ont montré que toutes les tensions quotidiennes provenaient finalement de la manière dont chacun revendiquait son intimité personnelle et l’interprétation que s’en faisait le partenaire. Tout est une question d’offense territoriale et d’acceptation de cette offense. Chaque besoin d’intimité personnelle doit être légitime pour celui qui le réclame, mais aussi pour son partenaire, et non-menaçant pour le couple. Chacun doit apprendre à combiner le dosage entre le degré d’indépendance et la reconnaissance d’autres besoins, la stabilité et la sécurité.

Vers une fusion ouverte !

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